Le choix de Sophie #1 : Network de Sidney Lumet

Moustache vous propose une nouvelle chronique régulière : le choix de Sophie. Le principe est simple. Une semaine. Un choix. Aujourd’hui, un film de 1976 : Network de Sidney Lumet avec Faye Denaway, William Holden, Peter Finch et Robert Duvall.

Newtork fait parti de ces films dont tout le monde parle mais que personne ne semble avoir vraiment vu, au même titre que le Parrain, Apocalyspe Now, Citizen Kane ou Casablanca. Il y a quelques temps encore, je faisais partie des gens qui mentaient. Network, je l’avais vu 100 fois (ou pas) et j’avais parlé maintes fois du superbe script de Paddy Chayefsky, de la performance de Faye Denaway, de l’Oscar posthume de Peter Finch et j’en passe. En réalité, j’ai regardé Network pour la première fois il y a seulement quelques mois.  C’est après avoir lu différentes interviews d’Aaron Sorkin citant Newtork comme inspiration pour son génialisme Social Network que je me suis dit : « Il est temps de s’y mettre ». Après deux heures de film, un constat s’impose : « J’ai vraiment bien fait ! »

Réalisé par Sidney Lumet, qui nous a malheureusement quitté le 9 avril dernier, Network explore les coulisses de la télévision américaine et de la course à l’audimat, en suivant trois personnages : une cadre arriviste et talentueuse, un journaliste au bord de la retraite et un présentateur vedette sur le déclin, en pleine crise existentielle. Ce qui interpelle le plus lorsqu’on regarde le film pour la première fois, c’est le bruit. Il n’y a pas une minute de silence. Les dialogue sont abondants. Fins et grandiloquents à la fois. Un des meilleures scripts de l’histoire du cinéma. Là où le film aurait pu être une simple critique, il s’attarde aussi sur les personnages, leurs caractères et leurs émotions au cœur de la tempête. Les performances sont toutes à la limite du surjeu mais tellement puissantes qu’elles en sont inoubliables. Jamais des Oscars n’ont semblé si mérités. Faye Denauway, icône des 70’s, une des plus belles actrices que le cinéma ai jamais compté, est stupéfiante en femme possédée par la télévision, qui voit sa vie comme un script et qui ne sait plus faire la part des choses entre la réalité et la fiction. Terrifiante, elle en devient presque laide. Peter Finch en présentateur devenu messie, éclabousse de sa folie le film. William Holden interprète le seul homme raisonné. Il existe au milieu du chaos grâce à une sagesse et une élégance sans pareil. Les acteurs secondaires sont tous incroyables. Chaque rôle est pensé et interprété à la perfection.

Network ne laisse pas une minute de répit, jusqu’à cette fin si cynique. C’est peut-être trop, mais qu’importe. Le film est tellement intelligent, drôle et puissant que les quelques faux-pas passent inaperçus. Le message du film reste, lui, très actuels. Si, dans les années 1970, l’Amérique en pleine recension, tout juste sortie du Watergate et du Vietnam, a peur de sortir de chez elle et devient esclave de la télévision, le monde d’aujourd’hui connait la même chose avec internet. Comme la télé en son temps, internet bouleverse les comportements. Il semble donc évident que Network soit plus qu’une inspiration pour Aaron Sorkin. Network est tout simplement le pendant de The Social Network. A la fois une critique acerbe et une histoire simple d’hommes et de femmes pris au piège.

Je vous laisse avec le passage le plus connu du film. Lors de son supposé dernier JT, Peter Finch se lance dans une tirade qui déchaîne les foules, et proclame une des répliques les plus connues de l’histoire du cinéma américain.

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