Jean-Luc Godard en fait c’est cucul la praline et compagnie

Finalement Jean-Luc Godard m’a toujours tourmenté. Ponte de la nouvelle vague, il l’incarne. Réalisateur talentueux, on l’a beaucoup dit. Scénariste critiqué, très certainement. Jean-Luc Godard a suscité tant les critiques que les éloges, pourtant a-t-il déjà souffert l’appellation d’être cucul la praline ? Je google ça, on ne dirait pas. Alors c’est parti : pour moi JLG c’est cucul la praline et compagnie.

Juste une mise en bouche, cet extrait du film Pierrot le fou, mais alors vraiment fou, fou, fou.


Un romantique assez cliché

Tout commence avec À bout de souffle, mince ! Le film est excellent, la nouvelle vague est lancée, rien à redire pourtant ? Oh ! que si, je n’ai jamais compris tout ce qu’on pouvait dire de JLG, mais ce que j’ai compris m’a toujours surpris. En effet, s’il supporte bien des adjectifs,  personne ne semble avoir souligné combien il y a quelque chose d’infiniment niais et à l’eau de rose dans toute sa filmographie. Prenez À bout de souffle, déjà le jeune Belmondo court les routes, défi les gros bras, tout pour une jolie petite Jean Seberg. Elle qui, adulée par toute une génération, sera suicidée par la même génération… Mais déjà un amour à la Godard, une métaphore de l’amour impossible à travers des codes mis à jour : le héros  mauvais garçon est le criminel gentil garçon, la belle héroïne fidèle et courageuse devient la fillette androgyne fourbe et lâche. Mon Dieu ! On pleurerait presque devant ce drame narcoliptico-romantico-comique. Vous vous dites que là c’est y aller fort, pourtant pourquoi ? Je ne descends pas un film évidemment passionnant, j’aime juste reformuler la perception qu’on peut avoir d’une sommité comme Jean-Luc Godard.


Le mépris sur Godard

Le mépris sur Godard, arrêtez je refuse de parler du Mépris. Pour moi le mépris sur Godard c’est quand on voit Pierrot le fou et qu’on y voit un film romanesque, sur la folie de vivre, sur la vie vécu à fond, sur la frénésie de l’existence, enfin bref sur le fond quoi. Parce que, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, le romantisme fait partie du sel de la vie, mais admettez qu’avec Pierrot le fou c’est « jamais je ne t’ai dit que je t’aimerais toujours, oui mon amour ». C’est du cucul la praline, un homme quitte tout pour une Anna Karina si belle, et trafics d’armes et intrigues politiques entrent en jeu. Tout ça pour quoi ? Un bel enrobage chocolaté pour un beau cœur fondant, praliné, justement ! Le cœur d’artichaut d’un JLG qu’on aime, une simple histoire d’amour à laquelle on s’évertue à ajouter milles questionnement sur sens de la vie, existence et raisons d’être. Laissez moi rire, mais riez avec moi.


La vague ?

Riez, cependant dommage que la nouvelle vague ait été à moitié polluée par ces fantasmes existentiels. Ainsi dans un Mépris de Godard déroutant d’amertume et de rancœur romantico-mélancolique, pourquoi chercher plus loin ? J’aime souvent prendre l’exemple d’Une femme est une femme pour prouver combien d’une part JLG est un gros cucul la praline, et d’autre part que la nouvelle vague c’est pas compliqué, bien au contraire. Dans Une femme est une femme on voit que Godard a cette âme d’un grand enfant face à l’amour et à l’avenir avec les femmes, il se cache derrière des personnages à fort tempérament, Brialy et Belmondo, tout ça pour masquer ses petites angoisses de jeune amoureux. Mais ça ne prend pas avec moi ! Ces petits plans imaginatifs, ces chansons sur l’amour et ces désordres amoureux qui sont mis en scène parfaitement. Je le dis, encore, Godard c’est du romantique niais ! Pourtant, oui, c’est ça qui est génial. Sans ça, pas de nouvelle vague, sans ça pas de ce cinéma si tendre, si agréable et inventif.

Moi ce qui me gêne justement actuellement c’est que le cinéma réponde toujours à un scénario unique. On a la trame principale, globalement attrayante et divertissante, et d’un coup et ça ne manque jamais, on a l’amourette inopinée. Pourtant pourquoi donc ces niaiseries mièvres sur champ de bataille ? Je veux le crier haut et fort, on a bradé l’amour avec ces histoires sans histoires. JLG au-moins mettait les formes, tout un film tourné vers une belle histoire d’amour : pensez au Mépris, à Pierrot le fou, à Une femme est une femme ou à À bout de souffle. Toujours une histoire d’amour centrale, des péripéties autour. C’était ça la nouvelle vague, une trame de fond très simple, des sentiments doux et communicables, le tout accompagné d’une créativité de réalisation folle, d’une imagination sans limite.

Alors désormais, sans trop savoir quoi aller voir, je me redis toujours que JLG ça avait du bon, qu’il faudrait  peut-être aller voir du côté de Xavier Dolan ou Christophe Honoré ? Je n’ai pas encore la réponse, les années me le diront. En attendant, ne vous rejetez pas sur les classiques de la vague, mais revisiter votre jugement sur elle (la vague, ahah).

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