Plants and Animals, la la la

En musique, souvent, le premier contact ne compte pas. Il faut parfois du temps pour apprécier une chanson, un album. Le temps de pénétrer dans un univers, de s’y sentir chez soi. Les albums qui durent sont ceux qui nous ont résisté avant de s’avouer vaincus. Pourtant, la musique de Plants and Animals n’appartient pas à cette catégorie. Les chansons des canadiens ont quelque chose d’immédiat, une légèreté qui vous emporte progressivement, naturellement. En deux minutes, vous êtes chez vous.

Bye bye bye Lola who ?


Bye Bye Bye (voir ci-dessus) est extrait de Parc Avenue, le premier album de Plants and Animals, sorti en 2008. C’est un bon moyen de prendre contact avec le groupe. Car c’est un joyeux bordel, une chanson magique, entraînante, fédératrice. Mais la meilleure porte d’entrée dans la musique de Plants and Animals est sans doute Lola Who ?, extrait de W/avec 4 tracks (lien Spotify), que nous avions évoqué en 2009.

Cette chanson lumineuse fourmille d’insectes, capture le vent dans les feuilles des arbres et ambitionne de faire danser les esprits sylvestres. Elle commence de but en blanc. Pas d’introduction, ni de blabla. Lola Who ? se construit pas à pas : la guitare omniprésente, la voix, la batterie, les choeurs. Puis, portée par un souffle épique évident, la chanson s’envole. Mais il faudra attendre avant qu’elle n’explose. Il faut faire patienter l’auditeur, différer le plaisir : la joie naît parfois de la frustration.

 

La La Land


En 2010, les Plants and Animals ont sorti un deuxième album intitulé La La Land (lien Spotify). Dès la première chanson (Tom Cruz), aucune révolution, mais une évolution indéniable: le groupe semble vouloir aller à l’essentiel, plus vite, plus loin, plus haut.

L’évidence est toujours là. Mais la musique est moins fleurie. La guitare est plus présente, donnant une tonalité plus rock, power pop et brute qu’auparavant. Mais il reste de jolis moments de douceur dans cet album : Undone Melody (ci-dessous) en est un bon exemple, avec sa jolie montée en puissance.


Par endroits, l’influence de Jeff Buckley saute aux yeux (surtout en live). Et il ne s’agit pas seulement d’un compliment car ce style menace parfois l’équilibre précaire des chansons : le risque est d’en faire trop. Trop d’effets, de tremolos, de guimauve. Malheureusement, le groupe tombe parfois dans cet excès de sensibilité, pour ne pas dire de sensiblerie.

Pourtant, dans l’ensemble, La La Land est un bon album. Mais c’est un album inégal : si une bonne moitié des chansons (plutôt la première moitié) tient bien la distance, le reste n’est pas à la hauteur, le groupe tombant parfois dans la redite (Fake It) ou dans l’anecdotique (The Mama Papa, pourtant choisi comme single). Ces petits défauts n’enlèvent rien aux qualités de Plants and Animals. Leur musique est riche et inspirée. La La Land regorge de bons moments. Et c’est en live que les chansons prennent toute leur ampleur : à voir, donc.


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