Ma vidéothèque idéale #2 : Les Plages d’Agnès ou de l’imaginaire qui fait du bien

Un documentaire autobiographique, un élan d’imaginaire, une vie comme un roman et un îlot d’espoir cinématographique. Agnès Varda, égérie de la nouvelle vague nous a toujours surpris, nous a toujours ému. Avec le dvd Les plages d’Agnès, jamais nous ne nous lasserons de sa bonne humeur cinématographique.

De la poésie d’une vie…


Revenant sur sa vie qui ne manque certainement pas de poésie, la photographe, cinéaste, femme de vie et de culture nous donne deux leçons. Contre une austérité intellectuelle et académique, elle dévoile un abord sensuel et émotif de l’image. Cela tout en désignant l’importance de l’imaginaire dans la création. C’est ce qui est le plus marquant. Car dans ce film on ne regarde pas mollement la vie d’une femme d’un autre temps, bien au contraire, on se gonfle les poumons de sa jeunesse qu’elle reconstruit « comme un puzzle », on écarquille les yeux devant un esprit libre qui sait modeler l’image, les textes, les décors, le cinéma.

Bref, on comprend que ce qui est bon, ce qui touche, ce qui sonne vrai, c’est la dose maximum d’imaginaire insufflée dans ces Plages de la bonne vieille Varda. Partant d’une image simple, les miroirs sur une plage, Agnès nous conduit à travers ses rencontres, de Jacques Demy à Jim Morrison, en passant par son chat ou Harrison Ford.

…à l’imaginaire d’un cinéma


Finalement, et même si son langage est des plus savoureux, ce qui attire l’attention c’est toujours et encore l’imaginaire. Pour une fois on perçoit bien que ce qui fait l’intérêt d’une œuvre ce n’est pas le fond, la forme ou le message qu’il veut transmettre, mais seulement l’impression provoquée. Ici, grâce à l’imaginaire c’est une impression de liberté qui nous est insufflée. Varda semblant jeter ses idées à flot continu dans sa création nous propose un art qui se montre sans détours, sans arrière pensée et sans camouflage. Juste une création pour transcrire, partager et prendre plaisir à l’expression personnelle. Ce film documentaire fait alors contraste avec la plupart des films « purs et durs » que l’on peut rencontrer aujourd’hui. Si souvent, en effet, le manque de finesse ou de chaleur peut se reprocher. Cela quand on préfère respecter des formes, un budget ou un message, dans la plupart des cas au détriment de l’impression faite sur le spectateur et de l’originalité de ce qui est montré. Ce Varda, s’il n’est pas un film à scénario, ni un film tout court, peut au moins montrer l’exemple. L’exemple d’une création décomplexée qui veut trouver dans une subjectivité la matière communicable à d’autres. L’exemple d’idées simples qui pensées en vue du ressenti concret satisfont plus le spectateur que n’importe qu’elle idée moralisante ou déprimante de bon nombre de films d’auteurs. Comment alors ne pas penser un peu que l’imaginaire c’est ce qui fait l’art, que l’imaginaire c’est la faculté humaine la plus mystérieuse car la plus humaine, justement ?

Aucun jugement de valeur sur l’homme de ma part, seulement un constat. Car quand l’imaginaire rejoint la vie et que la vie se romance, le goût pour l’existence humaine est au tournant. Ce tournant pourrait être un film de Varda…

4 thoughts on “Ma vidéothèque idéale #2 : Les Plages d’Agnès ou de l’imaginaire qui fait du bien

    • Merci, c’est un film que je recommande chaudement à tous les passionnés de Cinéma, ou tout simplement de poésie.

  1. Ping : Jean-Luc Godard en fait c’est cucul la praline et compagnie « Moustache

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