Une éducation : « You’re not a woman »

Une éducation, sorti sur les écrans la semaine dernière, est un petit film britannique évoquant la liaison entre une adolescente de 16 ans, se préparant à rentrer à Oxford et  un homme deux fois plus âgé qu’elle. Se déroulant dans les premières heures des années 1960, ce drame s’intéresse plus à l’itinéraire de Jenny qu’à l’histoire d’amour en soi, ce qui le rend d’autant  plus intéressant.

A une époque où l’adolescence n’existe pas, Jenny, brillante lycéenne de 16 ans, n’a que deux possibilités. Elle peut être une enfant bien sage, plongée dans ses versions latines, ou une jeune femme en devenir. Lorsqu’elle rencontre David, un homme charmant, de quinze ans son aîné, son choix est vite fait. En lui faisant découvrir les restaurants, les concerts et les maisons d’enchères, David fait de Jenny une femme avant l’heure. L’éducation de la vie remplace alors celle d’Oxford. Jenny est enviée de ses amies parce qu’elle peut faire ce qu’aucune jeune fille d’école privée ne peut. Et qu’importe si David est un escroc, elle le suit. Peut-être parce qu’elle l’aime, sans doute parce qu’il lui fait vivre une vie singulière, loin de sa banlieue, à Oxford, à Londres et à Paris. Ses parents bien que très conciliants en la laissant sortir avec un homme plus âgé, représentent un certain archétype. Ils voient en David le futur mari de leur fille, celui qui l’empêchera d’aller à Oxford, celui qui lui donnera la vie qu’ils n’ont pas pu lui donner. La suite des événements démontrera que les parents doivent toujours protéger leur enfant d’une vie trop rapide, trop bousculée et que Jenny est une jeune fille pleine de ressources. Le film n’est jamais vendu comme une comédie romantique. Dès le début, on sait que rien de bon ne peut advenir de cette relation. L’intérêt réside dans l’itinéraire singulier d’une jeune fille coincée dans une époque avare de possibilités.

D’un point de vue esthétique, ce film somme toute assez modeste est d’une beauté très discrète mais bien présente. Chaque plan est extrêmement travaillé sans pour autant être l’étalage de costumes et de décors d’époque. Une élégance certaine se détache de ce petit film, une légèreté aussi, même quand le sujet se fait plus grave. On ne perd jamais de vue qu’Une éducation n’est pas une œuvre triste, juste un parcours initiatique avec ses hauts et ses bas. Carey Mulligan, l’interprète de Jenny, participe grandement à l’atmosphère envoutante du film. Elle interprète Jenny avec la pudeur et la retenue de l’époque et y ajoute une certaine malice, pour nous rappeler que le meilleur est à venir pour son personnage.

Une éducation est un film très classique mais au bon sens du terme, une petite histoire racontée de façon très simple. Un film comme on devrait en voir plus souvent : facile, élégant et profond.

2 thoughts on “Une éducation : « You’re not a woman »

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