Trois films pour trois couleurs et trois tendances : I Love You Phillip Morris, In The Air et Océans.

Un week-end glacial, mes petites jambes me conduisent directement au cinéma. L’occasion de me plonger dans le dernier petit bijou américain de Glenn Ficarra et John Requa, I Love You Phillip Morris ; d’en tirer la couleur jaune pimpante. Mais aussi le moment, enfin, de me laisser engloutir par Océans, au plus profond du bleu. Digne aussi d’intérêt, le gris absolu de In The Air mérite l’escale. Alors petite esquisse rapide autour de trois tendances ciné colorées.

Jaune : couleur flash et piquante, le cinéma qui monte aux US.


Un certain cinéma américain cherche à sortir du lot, à trouver de nouvelles thématiques qu’il traite différemment. Cette histoire d’amour, ou plutôt d’une puissance déchaînée d’un seul homme contre le système , en fait partie. A côté de Little Miss Sunshine ou de 500 Jours Ensembles. A chaque fois la couleur jaune qui symbolise la force et la jeunesse. Cependant faisons la part des choses, I Love You Phillip Morris va au delà des films précités. Quand ils s’arrêtaient à la lettre d’intention, sans s’attacher tout au long du film à faire du neuf et du fort, notre biopic d’un truand à humour dévastateur, lui, dépote. On ne reste pas dans une niaiserie sur l’amour homosexuel, on arrive plutôt dans l’éloge de la volonté de puissance, dans la force folle de l’homme obsédé qui ferait tout pour arriver à ses fins. Quel sujet parfait, déjà, si bien suivi par la réalisation. Ce film ne fait pas de concession, il est moqueur envers tous les sujets. Moqueurs avec son anti-héros, moqueur sur l’histoire d’amour, moqueur du système et plus encore du public. Ainsi le jaune est bien présent, force et jeunesse. Espérons que cette nouvelle tendance US se confirme, qu’on tape un peu dans la fourmilière de laquelle on ne récolte, le plus souvent, que les navets.

Bleu : couleur pure et froide, proche de la tiédeur nécessaire.


Les deux Jacques, Perrin et Cluzaud, s’associent pour créer un documentaire en forme de film. Projet ambitieux, montrer la richesse océanique : « Un jour, un enfant qui découvrait la mer m’a demandé : l’océan, c’est quoi l’océan ? ». En effet, vaste programme, plongée profonde sous l’eau, montée haut dans les airs pour prendre du recul. Pas difficile d’en tirer la couleur bleue. Cette couleur, qui bien au-delà de la couleur « verte » écologique, évoque l’énergie, la pureté…et la froideur. Couleur du réalisme, sensibiliser aux désastres que subit l’océan, mais aussi sensibiliser à sa beauté. Loin de moraliser, le film veut fasciner, émerveiller, et pour cela quel meilleur message que montrer les animaux aquatiques. Ils parlent d’eux-même, témoins de l’harmonie naturelle du vivant, de sa respectabilité et de l’inconnu qu’il représente à nos yeux. Si bien que la couleur bleu est tendance et explique ces films comme Home ou Océans. La tendance à se mettre au bleu, au pur, on nous dira que c’est aussi se mettre au froid. Eh oui, s’émerveiller devant la nature c’est implicitement accepter des efforts personnels, de consommation, de décroissance, de changement des habitudes. Pourtant, et c’est ce qui est beau dans Océans, c’est de voir que tous ces efforts seront choisis, comme des règles que nous nous imposerions à nous même. Le froid devient plus chaud alors, dès qu’on est émerveillé, le cœur tout réchauffé, en regardant les phoques se prélasser. Alors aussi tiédeur, certes,  de ce cinéma de sensibilisation écologique, mais pourquoi pas, il devient nécessaire pour garder la chaleur. Océans est l’un de ces films de  la nouvelle propagande écologique, et semble vital.

Gris : couleur des opposés.


In The Air ou plutôt Up In The Air (titre original), est un « up and down ». Le film prometteur, s’élève réellement avant de s’écraser dans les vieux démons du cinéma américain. Heureusement, la fin rattrape, comme un dernier sursaut d’un grand film un peu long/lent. Le gris donc, est omniprésent, début, milieu, conclusion. Couleur, anti-éloge et éloge, de certaines vies modernes. Quelques-uns voient, dans le dernier Jason Reitman, une critique fulgurante de l’individualisme, ou la dénonciation d’une société productive qui isole : « Isolated ? I’m surrounded ! » s’exclame George Clooney. Je déconseille d’aller chercher trop loin dans cette direction. Ou alors, je critique le manque d’originalité, comme si solitude et isolation n’étaient pas les thèmes récurrents d’une société qui s’urbanise et s’industrialise depuis plus d’un siècle. Non, je vais chercher dans ce film le gris, symbole de l’entre blanc et noir. Que le problème ne réside pas dans la recherche d’une vie seul ou accompagné, mais bien dans l’impossibilité de vivre l’une ou l’autre. C’est le point fort du film, semble-t-il, il montre en tout simplicité l’homme hermétique, l’homme animal oppressé par les autres et isolé en même temps. C’est bien cette double opposition qui sauve le film. Entre le blanc et le noir qui donne le gris. Entre l’isolation et la sociabilité faisant de l’homme un être seul parmi les seuls. Mais ce n’est pas si grave, on dirait que le film nous montre que l’important c’est d’en être conscient, tout simplement !


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