Dans le rétro : Arrested Development

Aujourd’hui petit retour en arrière, pour parler d’une des séries les moins consensuelles et les plus drôles de ces dernières années : Arrested Development. Quand oser rimait encore avec qualité.

En 2004, est arrivée sur la Fox une comédie insolite. Écrite par un vétéran de la télévision américaine Mitchell Hurwitz et produite par le réalisateur oscarisé Ron Howard (Un homme d’exception, Appolo 13, Frost/Nixon), Arrested Development suit les aventures rocambolesques de la très riche et déjantée famille Bluth. Le personnage principal, Michael Bluth, essaye tant bien que mal de maintenir un semblant de cohésion familiale depuis que son père, Georges Bluth, s’est retrouvé derrière les barreaux pour fraude et détournement d’argent. Le problème de Michael ce sont les autres membres de sa famille tous plus cinglés les uns que les autres. Sa mère et sa sœur jumelle sont superficielles, vénales et inaptes au travail, son père est un vieil homme paranoïaque, son frère aîné un magicien raté, son petit frère un sociopathe amoureux de sa mère, et son beau frère un apprenti acteur qui passe le plus clair de son temps à se badigeonner le corps de peinture bleue. Michael et son fils Georges Michael (oui! oui!) sont les seuls personnages à peu près stables, si on exclut l’attirance de Georges Michael pour sa cousine germaine Maebe.

Tournée caméra à l’épaule, pour rappeler le style documentaire de certaines séries comme The Office, Arrested Development utilise de nombreux procédés absents des autres sictoms américaines : de fausses images d’archives, des flashback, des photos, des témoignages et surtout un narrateur qui n’est pas un personnage de la série, mais juste un spectateur : Ron Howard en personne. Arrested Development se démarque donc par son style mais aussi par son ton décalé. La série s’intéresse le plus souvent aux dysfonctionnements et tensions familiales. Aucun sujet, même sensible, n’est épargné :  la maternité, l’inceste, la manipulation, l’alcoolisme, le mensonge… Le ton est moqueur, plein d’ironie et de second degré. On y trouve aussi bon nombre de références à la culture américaine ainsi qu’à l’actualité de l’époque (Guerre en Irak, élections présidentielles…). En revanche, il faut souligner qu’il est impossible de commencer Arrested Development en cours de route car le programme utilise beaucoup le comique de répétition et une connaissance de tous les épisodes est essentielle. Les acteurs sont pour leur part formidables. La comédie étant principalement une question de timming, de mouvement dans l’espace, d’auto dérision, avoir des acteurs de qualité est primordial. La plupart d’entre eux continuent par ailleurs d’avoir une très  belle carrière, ce qui n’est jamais évident pour les anciennes gloires de séries télévisées. On a pu voir, notamment, Jason Bateman et Michael Cera dans Juno, et Will Arnett dans de nombreuses séries comiques dont 30 Rock.

Alors bien sûr, Arrested Development a choqué une grande partie des téléspectateurs américains. Parler d’une relation amoureuse entre cousins germains peut légèrement gêner les plus pudibonds, même  si cela est traité avec humour. Mais les producteurs ont toujours su quel public  le programme intéressait, c’est-à-dire un public éduqué, de jeunes adultes plus friands du Daily Show de John Stewart et de Woody Allen que d’American Idol. Et cette connaissance de l’audience visée a permis à la série une grande créativité car le but n’a jamais été de plaire à tout le monde. De fait, les audiences n’ont jamais été à la hauteur, et après trois saisons la série a été annulée. Mais l’avantage est que la série n’a jamais produit de mauvais épisodes, et que la lassitude ne s’est jamais installée. Avec « seulement » 53 épisodes à son actif Arrested Development reste une des meilleures séries comiques des dernières années : décalée, incisive, choquante et inventive. Comme quoi, même sur une chaîne majeure, et gratuite, les américains sont encore capables, de temps en temps, d’être créatifs.

Un adaptation cinématographique est en production avec la même  distribution et Ron Howard à la réalisation. La sortie en salle est prévue pour 2011.

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