Vampire Weekend, ça craint.

Pour écrire cette chronique, j’ai encouru les pires souffrances, je me suis fait violence, j’ai pleuré. J’ai écouté le nouvel album de Vampire Weekend. Trois fois.

Au début, j’avais bien aimé leur premier essai sorti en 2008 et logiquement intitulé Vampire Weekend. Une jolie collection d’airs chics, gais et entraînants. Mais, après plusieurs écoutes, les chansons ont commencé à m’ennuyer. J’ai eu l’impression que, plus j’écoutais cette musique, plus elle sonnait creuse. J’ai quand même tenté l’écoute de Contra. Comme ça, juste pour essayer.

L’album débute par la pire chanson. Comme si les quatre gars avaient décidé de faire un pied de nez à tous les détracteurs du premier album. Du genre : « vous voyez, les mecs, on peut même faire pire ! ». Horchata donc, première chanson. C’est quoi l’Horchata ? Une boisson espagnole à base de lait végétal, réputée rafraichissante et nutritive. Voire indigeste. Mais personne ne connaît. Donc c’est cool. Et trooop original. Sinon, les percus en mode bambou hawaiiens kitchouilles, c’est juste laid. La mélodie, elle, est faiblarde. Ensuite, les chansons s’enchaînent, lisses, sans relief, tout est mou et répétitif. Les boucles électros de White Sky ne tiennent pas la route, Taxi Cab dure des plombes, avec sa boîte à rythme cheap et sa boucle de piano rapidement lassante. On a l’impression que Koening s’endort en chantant et s’emmerde autant que nous. C’est étrange de constater qu’en condensant autant d’influences, Vampire Weekend aboutisse à un résultat aussi uniforme. Deux chansons émergent néanmoins, Cousins et Giving Up the Gun. Ces deux là marchent plutôt bien, il faut l’avouer, mais seulement parce que les Vampire Weekend délaissent un peu les instrumentations en toc pour densifier le propos et devenir enfin pertinents. Les rythmiques de Giving Up the Gun sont simples mais efficaces en diable, le refrain est vraiment entrainant.

En fait, le problème de la musique de Vampire Weekend c’est qu’elle prend la pose, tout est trop clinquant, trop propre pour être tout à fait sincère. La production est beaucoup trop léchée et les chansons sonnent comme des bijoux en toc. On les entend, on se dit « chouette ça brille, c’est tout joli », mais en fait c’est en plastique. On a l’impression que tout est millimétré, prévu, avec un juste brin d’excentricité parce que ça fait le buzz. Finalement, Contra me fait le même effet que ces comédies indé américaines à la 500 jours ensembles, toutes mignonnes, gentiment décalées, mais finalement dépourvues de toute personnalité.

Après, on peut arguer que Vampire Weekend n’est pas à prendre au sérieux, que leur musique est sans prétention, alliant légèreté et simplicité. Ok. Mais léger n’a jamais voulu dire désuet et désincarné. The Shins aussi proposent une musique simple et légère, mais leurs chansons sont infiniment plus touchantes. Pourquoi ? Parce que leur approche de la musique n’est pas intellectuelle, elle garde pour elle la spontanéité la plus touchante.

C’est, à mon humble avis, le deuxième défaut de la musique de Vampire Weekend : elle est dépourvue de toute émotion et, paradoxalement, d’énergie. Y’a qu’à entendre le chant d’Ezra Koening, totalement désincarné et inexpressif. Au pire irritant, au mieux chiant. En plus, avec Contra, Vampire Weekend ralentit le tempo et s’essaye aux ballades. Des ballades sans émotions, vous avouerez que c’est un tit peu embêtant ! Les chansons n’ont donc pas le charme des ritournelles euphorisantes du premier album qui, déjà, dans le genre funk-mou-pour-grabataires-en-maison-retraite, avaient placé la barre assez haut. On me parle d’une alliance géniale de « rythmes africains et de guitares funky ». Je veux bien. Enfin, c’est pas comme si XTC et les Talking Heads avaient déjà fait ça il y a trente ans (mais bon, pas de « c’était mieux avant »).

Voilà. Je n’aime pas la musique de Vampire Weekend. Il doit y avoir un truc qui cloche chez moi, je ne me l’explique pas autrement. Si vous ne connaissez pas, écoutez quand même, vous n’en mourrez pas. Mais écoutez plutôt leur premier album, il est bien meilleur. Et puis quoiqu’on en dise, les quatre new-yorkais ont réussi à forger un son qui est leur propre, ce qui est déjà un exploit pour un groupe de rock des années 2000. Mais, par pitié, qu’on arrête d’en faire des génies !! 

3 thoughts on “Vampire Weekend, ça craint.

  1. Je ne lit jamais de critique musicale, c’est pourquoi je ne m’étais jamais fait la remarque. Mais voilà, une question est venu s’encrer dans ma petite tête naïve : comment peut on émettre une critique musicale ?

    Dans le cas de cette critique, je dois avouer que la lecture est plaisante, on sourit même. Mais je reste perplexe devant des affirmation tels qui : « L’album débute par la pire chanson » ou « La mélodie, elle, est faiblarde. Ensuite, les chansons s’enchaînent, lisses, sans relief, tout est mou et répétitif. »
    Quel mécanisme critique est mis en oeuvre pour décréter cela, si ce n’est le seul ressenti personnelle ?

    Je suis encore davantage perdu face à l’invocation de concepts tel que la musique « qui prend la pose », « clinquante » voir « intellectuelle ».
    Les métaphores sont certes belles, mais honnêtement, quelle en est la signification pour de la musique.

    En fait, je ne comprend pas la légitimité ni l’intérêt à juger de la musique dans la mesure ou chaque personne va la ressentir à sa manière (qui n’a pas un morceau évocateur dans sa vie) et l’apprécier à sa manière.
    J’y vois au mieux une forme de témoignage, au pire de la « masturbation intellectuelle ».

    Alors oui j’aime beaucoup Vampire Weekend (c’était pourtant mal partie) et j’aime également beaucoup The Shins.
    Je ne méprise pas cette critique musicale, je me fait simplement la remarque qu’il suffit souvent d’un rien pour qu’un morceau passe de « banal » à « sublime » pour une personne, par le simple fait que la puissance de la musique est dans sa puissance évocatrice et l’imaginaire personnelle qu’elle renferme.

  2. (Désolé pour les fautes de frappe et les mauvaises tournures de phrase, je tâcherai de me relire la prochaine fois ^^’)

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