La danse classique : De l’art et de la performance.

La danse classique effraie beaucoup de gens et pourtant c’est sans contestation le style de danse le plus facile à aborder si on n’est pas connaisseur. Pour de nombreuses personnes la danse classique est un tourbillon de technicité barbare pratiqué par des femmes en tutu et des hommes en collants. Ils admirent souvent la performance, sont impressionnés par la souplesse et les pointes. Mais ils sont rarement transportés, émus, et ne comprennent pas forcément la poésie de la discipline.

Pour apprécier la danse, il faut arriver à dépasser certaines peurs. Il ne faut pas être effrayé par les paillettes, la longueur, la désuétude ou le côté aristocratique. Un ballet est un voyage, le mouvement est une parole, une histoire. Il n’y a aucune obligation à connaître le vocabulaire savant de la danse pour en apprécier la gestuelle. Évidemment avoir pratiqué le sport ou le connaitre aide à saisir la difficulté avec plus de précision. Mais là n’est pas l’important. S’ouvrir à la danse peut se faire à tout âge. Assister à un ballet à l’opéra est une expérience incroyable. Un songe éveillé : spectaculaire, romantique et majestueux.

A la télévision, seul Arte continue régulièrement de diffuser de la danse. Si l’envie vous en prend vous pouvez regarder sur le site d’Arte de nombreux spectacles déjà passés sur la chaîne franco-allemande, dont la retransmission du spectacle du Réveillon au Mariinsky (célèbre théâtre de Saint-Pétersbourg). Hommage aux chorégraphies de Marius Petipa, le spectacle regroupe deux longs extraits de ballet. Tout d’abord, le dernier acte de La Bayadère, plus connu sous le nom du Royaume des Ombres, dans lequel Solor, désespéré par la mort de Nikiya, se réfugie dans l’opium et voit les fantômes des bayadères mortes lui apparaître. Chorégraphié en 1877 par Petipa, le ballet est longtemps resté méconnu, jusqu’à ce que le Kirov l’emporte avec lui lors de sa tournée à l’Ouest en 1961. Véritable enchantement technique sur la musique enivrante de Leon Minkus, La Bayadère est sans nul doute mon ballet préféré. La deuxième partie du spectacle nous propose un extrait de Paquita, dont le célèbre grand pas. Paquita est plus simple à apprécier pour les novices car plus rythmé, plus folklorique et moins  chimérique. Les deux parties sont entrecoupées d’un  petit documentaire sur Marius Petipa, l’homme qui a changé la danse à jamais. Français exilé en Russie, favori à la cour, il crée la danse telle qu’on la connaît aujourd’hui. Il développe de nouveaux mouvements, crée de véritables spectacles de plusieurs heures.  La danse se complexifie tant au niveau technique qu’artistique. Elle n’est plus un interlude mais un spectacle à part entière comme peut l’être l’opéra ou le théâtre. Très souvent inspirées de contes de toutes origines, ses chorégraphies sont encore jouées dans tous les opéras du monde.

Ce spectacle est donc un excellent moyen de découvrir ou de redécouvrir la danse classique. La perfection technique et la grâce des danseurs du Théâtre Mariinsky vous permettrons d’apprécier, à sa juste valeur, cet art si singulier qu’est la danse. Le mélange subtil de la performance artistique et sportive au service du romantisme.


Réveillon à Saint-Pétersbourg : Hommage à Marius Petipa (lien direct vers ArteLiveWeb)

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Si jamais vous avez apprécié la première partie du spectacle, sachez que La Bayadère sera montée à l’Opéra de Paris du 17 mai au 2 juin dans sa version chorégraphiée par Rudolf Noureev  et inspirée par Marius Petipa. Le prix des places varie en général de 6 à 90 euros.

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