Une couleur, des longueurs et de mauvaises odeurs : La Route, de John Hillcoat.

Vous avez lu le livre La Route, le prix Pulitzer de Cormac McCarthy ? Moi oui, c’était long, répétitif et assez insipide. Ben là, c’est un peu dans le même genre. C’est long, répétitif, juste un peu moins insipide. Surement grâce au travail de l’image, au gris parfait, on se croirait sous les cendres pendant tout le film.  Puis cette odeur de sang qui traîne, de sang humain, assez bien rendue. Finalement la réalisation est bonne, l’ambiance d’un monde post-apocalyptique où les hommes s’entre dévorent est excellemment restituée. Ce qui dessert le plus le film c’est  plutôt le manque d’originalité du livre qui en est le support. C’est vrai qu’on a donné en scénario catastrophe, en humanité qui devient animale en temps de « crise nutritive ». Après on pourra extrapoler le film, y voir une belle fresque sur l’humaine condition, sur la peur de l’autre, etc. Moi ce que j’en retiens c’est un beau Viggo Mortensen tout gris bien trop humain parmi les derniers hommes. Intéressant d’ailleurs que ce soit pour son fils qu’il maintient une éthique, comme si le schéma était inversé : que l’adulte s’éduque et se montre droit par pure envie de montrer une image perdue de l’homme civilisé. Cette belle pudeur, sur la réalité du monde pour préserver malgré le cataclysme l’innocence de son enfant, est assez intéressante à observer ici.

Après on peut extrapoler justement, et faire de La Route une critique actuelle de notre société post-industrielle. Avec cette idée d’un système sauvage qui  nous pousse à nous entre dévorer. Quand on achète notre nourriture à prix dérisoire dans les pays en développement, ou qu’on exploite la misère en délocalisant notre industrie pour sous-payer, on « mange de l’homme ». Le cataclysme sans retour serait déjà là, sous nos yeux, mais les films catastrophes ça se vend mieux et ça rapporte gros. Dommage, parfois on préfèrerait un bon film bien brutal sur notre présent, sur notre cannibalisme international et en plus peu dissimulé. Ce qui me donne à vous suggérer la sortie prochaine du film  La Fin de la Pauvreté ? A ne pas manquer.



2 thoughts on “Une couleur, des longueurs et de mauvaises odeurs : La Route, de John Hillcoat.

  1. Et bien dis donc, moi qui ai l’habitude des critiques de cinéma prétentieuses je ne peux m’empêcher d’être une nouvelle fois surprise.
    Je ne suis pas certaine que ce style faussement « sûr de lui » et arrogant juste pour l’être apporte quoi que ce soit à ce blog.
    Cela dit bonne chance, c’est une chouette initiative ce blog.

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