Mockumentary: Rire du ridicule de l’ordinaire. Première partie: The Office (UK)

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Depuis quelques années le Mockumentary (faux documentaire), s’impose comme un des procédés de narration préférés des scénaristes de sictoms britanniques et américaines. Mes trois prochains post ont pour but de vous faire découvrir ou redécouvrir quelques séries qui utilisent ce procédé avec plus ou moins de réussite. Aujourd’hui je vais m’intéresser à The Office dans sa version originale britannique, une des premières séries à avoir utilisé ce genre avec un brio incontestable.


A suivre : The Office US (partie 2)

et Quelques nouveautés (partie 3).


En 2001, arrive sur les écrans britanniques de la BBC Two un ovni: The Office. Produit, écrit, réalisé et joué par Ricky Gervais ancien musicien devenu humoriste, la série suit sous la forme d’un faux documentaire, la vie quotidienne d’une entreprise de papeterie. Le patron joué par Ricky Gervais se nomme David Brent, auto-proclamé meilleur patron du monde, il est doté d’un humour plus que douteux et passe plus de temps à vouloir gagner les faveurs de ses employés qu’à bosser. Son fidèle assistant Gareth Keenan ,au titre complètement fictif: “assistant du manager régional”, est un obsédé du travail, respectueux des règles, ennuyeux au possible, il est le souffre-douleur de Tim Canterbury, gentil commercial un brin glandeur qui passé la trentaine vit toujours chez ses parents. Sa fidèle amie et en secret objet de son affection est Dawn Tinsley, la réceptionniste du bureau. Toute cette joyeuse bande vend du papier. Pour certains ce n’est qu’un boulot, pour d’autres c’est toute leur vie.

L’intérêt du mockumentary ici est en fait d’ ajouter une dose de réalisme qui manque cruellement aux sitcoms classiques. Il n’y a pas de rires pré-enregistrés en fond sonore comme dans Friends ou Sienfeld, le décor est un vrai bureau reconstitué, les acteurs ne sont pas canons et les personnages sont le plus souvent des  gens normaux aux ambitions moyennes. La caméra fait office de personnage, elle intercepte des conversations volées, prend à parti les personnages et les fait parler seul à seul dans des sortes d’interviews, devenues cultes depuis, et appelées Talking Head. Dans ces moments, ils livrent leurs pensées le plus honnêtement possible et se couvrent de ridicule sans même s’en rendre compte.

La réussite de The Office dépend donc de son style novateur mais aussi d’un humour atypique. Véritable satire du monde de l’entreprise on rigole de tous ces cotés ridicules: les séminaires , les fêtes de Noël, les entretiens d’embauches foireux. Le politiquement correct est complètement oublié, série anglaise oblige, remplacé par les blagues racistes, sexistes et souvent méchantes de David Brent.  Les situations sont au départ ordinaires puis elles dérapent et deviennent ridicules souvent à cause de ce cher patron, dont le seul but est de rendre le bureau drôle et non pas productif. Il organise de nombreux événements pour être adoré de tous. Le fait est qu’il n’ a pas de vie en dehors du bureau et qu’il considère donc ses employés comme des amis mais des amis qu’il insulte les trois quart du temps. Les  autres personnages sont tous aussi pathétiques à leur façon, soit parce qu’ils n’ont aucune ambition comme Tim ou qu’ils vivent dans un monde parallèle comme Gareth. Du coup le seul problème dans The Office version originale c’est qu’on ne rigole pas avec les personnages, on rigole d’eux. Personnellement cela me convient mais ce n’est pas le cas de tous les téléspectateurs.

Comme le résume très bien Tim dans le dernier épisode, il voit ses collègues huit heures par jour c’est bien plus que sa famille ou ses amis et pourtant la seule chose qu’il a en commun avec tous est le fait de vendre du papier. En réalité ils ont un autre point commun celui d’avoir David Brent comme patron et ça ce n’est vraiment pas donné à tout le monde, (mal)heureusement! Et c’est bien cela l’intérêt de la série. Un quotidien partagé avec des inconnus et ridiculisé par un patron.

Le prochain post abordera plus en détails la version américaine de The Office qui, selon Ricky Gervais, n’est qu’une version employant des acteurs plus beaux. J’aurais aimé être d’accord avec lui (Hello John Krasinski!) mais en réalité The Office US, qui en est à sa sixième saison, est pour moi une version améliorée et encore supérieure au modèle anglais. En attendant je vous laisse avec le Roi de la danse.


Vers les autres parties :

Partie 2 : The Office US


Partie 3 : Quelques nouveautés.

5 thoughts on “Mockumentary: Rire du ridicule de l’ordinaire. Première partie: The Office (UK)

  1. Pour moi en tout cas! J’en parlerai plus longuement la semaine prochaine mais après une première saison vraiment très moyenne seul diversity day est un bon épisode, je trouve la version américaine meilleure car plus riche, dans le développement des personnages notamment, après c’est un jugement personnel. Evidemment il est toujours compliqué de comparer une série de seulement 12 épisodes + les épisodes de réunion et une d’une centaine d’épisodes. Et sinon je parle bien de Ricky Gervais.

  2. je préfère avoir 12 episodes d’une richesse et d’une subtilité que d’avoir une centaine d’episodes mediocres qui rendent la chose plus ou moins passable .La version uk est mélancolique l’humour estd’une noirceure , beaucoup plus rentre dedans moins aseptisé ….Justement la version us au fil des saisons perd son statut de « mockumentary » et devient plus ou moins une sitcom banale. elle est tout simplement adapte au standard us . Les americains adorent prendrent leur temps pr developer leurs persos… Cela dit ce n’est que mon avis ce n’est pas une attaque , je trouve ton article tres bien !!! je suis juste un fan absolu de Gervais voili voilou..

  3. Je suis bien d’acccord la version UK est bien plus « trash » dans son humour et du coup bien plus drôle. La version US est aseptisée pour cause de « politiquement correct ».
    Alors que dans un bureau, les blague sur le cul, y’en à! Et à la pelle, la version Uk nous montre bien ça!
    Après je n’ai rien contre la version US, très marrante aussi, mais j’ai ma préférence pour l’uk!
    Ricky est bien meilleur patron que Steve!

    Et le combat Gareth Vs Dwight est bien entendu gagné haut la main par Gareth!
    L’épisode 4 de la saison 1 est mon préféré, quand David nous sort sa guitare, quand Gareth philosophe sur le problème posé en disant que tout celà est ridicule xD…. Juste énorme quoi!

    Vive l’angleterre et vive Ricky!

    Et vive Doctor Who, mais là y’à pas de rapport!

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